La chaleur n’est pas un inconfort. C’est un risque professionnel.
Dernière communication chaleur : 27 juillet.Depuis, silence.
Les salariés présents en août ont-ils cessé d'avoir chaud ? Trois semaines sans un mot, alors que les épisodes de chaleur d'août sont parmi les plus intenses de l'année et que les effectifs présents sont les plus réduits.
Le risque, lui, n'est pas parti en congés. Un salarié seul dans un open space surchauffé au mois d'août n'a ni collègue pour s'inquiéter, ni manager sur site, ni consigne récente. C'est précisément le moment où l'information manque le plus.
On a autorisé des pauses. On n'a rien retiré de la charge. Le jalon client n'a pas bougé. Le sprint n'a pas bougé. La date de livraison n'a pas bougé.
Résultat : la pause supplémentaire se paie en heures récupérées le soir, ou ne se prend pas. Toutes les mesures annoncées portent sur le confort. Aucune ne porte sur le travail lui-même.
Une pause qu'il faut rattraper le soir n'est pas une pause. C'est un report. Et c'est le décalage que chacun a vécu cet été sans que personne ne l'écrive.
Une large part des salariés travaille dans des locaux qui ne sont pas ceux de leur employeur. Celui-ci ne maîtrise ni la climatisation, ni la température, ni la distribution d'eau. Et le client n'est pas l'employeur. Chacun peut renvoyer vers l'autre.
La réponse du Code du travail est claire : les deux. Et l'article R4463-8 précise que ce plan de prévention tient compte, le cas échéant, des risques liés à l'exposition aux épisodes de chaleur intense. Nous demandons la liste des plans actualisés en 2026 qui intègrent ce risque.
On vous invite à rejoindre un site climatisé, ou à rester chez vous. Dans les deux cas, la facture peut basculer sur vous : le trajet supplémentaire vers un autre site, le ventilateur ou le climatiseur acheté pour tenir chez soi, l'électricité consommée toute la journée. L'entreprise économise le mètre carré climatisé. Le salarié paie sa propre protection.
Ce que nous demandons : un kit chaleur. Équipement de rafraîchissement mis à disposition ou pris en charge pour celles et ceux qui travaillent à domicile, et prise en charge intégrale des trajets supplémentaires imposés par un changement de site. Se protéger ne doit rien coûter au salarié.
Une communication chaleur pour le mois d'août, adressée à tous, y compris aux salariés en mission chez le client.
L'adaptation effective de la charge de travail et des jalons pendant les épisodes de chaleur, et pas seulement des pauses.
La liste des plans de prévention actualisés en 2026 intégrant le risque chaleur, présentée en CSSCT.
Un kit chaleur pris en charge par l'employeur, et le remboursement des trajets supplémentaires imposés.
La présentation au CSE des mesures prises au titre du risque chaleur pour toute la période estivale.
Un plan chaleur négocié avant l'été 2027, opposable, et non une série de conseils individuels.
Vous avez travaillé en août par forte chaleur ? Dites-nous la température de votre poste, ce qui a été adapté, ce qui est resté à votre charge. Vos retours construisent le dossier que nous porterons au CSE.
La chaleur n'est pas un inconfort.
C'est un risque professionnel.
SUD Industrie est là en août. Écrivez-nous.